This is life

Avoir son permis à 33 ans

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J’avais envie d’écrire un article rien que pour ça parce que bordel (et je pèse mes mots) c’est pas un petit sujet.
C’est plutôt un gros dossier même. Un boulet que je me traînais au pied depuis 14 ans… C’est long quand même 14 ans quand j’y pense.
D’ailleurs je ne réalise toujours pas, chaque matin depuis une semaine (une semaine aujourd’hui, youhou), quand je me réveille je me dis : « oh purée j’ai mon permis en fait ! Y’a un mec qui me l’a donné, qui estimait que je savais conduire. »
Chose dont j’étais persuadée du contraire depuis …14 ans.
Comme ça, ça peut paraître normal, mais pour moi c’est comme si j’avais gagné à l’Euro Millions.
Je m’explique, à 19 ans je décide de m’inscrire à l’auto-école, devant l’insistance de ma mère, qui me parlait d’indépendance sois disant (n’importe quoi!haha). Je passe mon code lamentablement, que j’aurai au bout de la deuxième fois, mais je me demande comment, coup de bol sans doute, je ne comprenais rien et je n’avais surtout pas du tout envie de m’y intéresser, j’avais bien d’autres choses à penser à ce moment là (19 ans ça travaille la dedans!).
Je m’y suis mise un peu plus sérieusement ensuite mais genre.. 3 ans après un truc comme ça. A l’époque le code durait 5 ans je crois j’étais tranquille..
Je ne sais pas ce qui m’a pris, je me suis mise à prendre des leçons.
Ha je rigolais bien avec mes moniteurs, ils étaient marrants, on bavardait, tout en corrigeant mes grossières erreurs sur la route grâce à la magique double pédale.
J’ai passé mon permis. 4 fois. Aujourd’hui je peux le dire. Sans honte. Car avec du recul, je réalise que je n’en avais pas vraiment envie.
Les deux premières fois ont été laborieuses, j’étais si stressée que j’ai fait n’importe quoi. La première fois, il a rattrapé le volant alors que je sortais du parking et la deuxième je ne m’en souviens plus.
La troisième, je jubilais sur le chemin du retour, car j’avais tout réussi, l’inspecteur était cool il racontait ses vacances en Corse à mon moniteur, je me suis sentie en confiance et j’ai fait le truc à ne JAMAIS faire en passant son permis, j’ai relâché mon attention, et là… paf rattrapage de volant à un carrefour. J’ai cru mourir de tristesse et de colère, honte tout ce que tu veux.
La quatrième fois je pense que je suis tombée sur une aigrie de la vie qui avait envie de m’achever. J’ai fait tout bien, et elle en a déduit que le créneau que j’avais fait était mauvais et que je pouvais mettre en danger les éventuels passagers pouvant passer derrière le véhicule…
Mon code était périmé le lendemain. Elle ne me l’a pas donné.
Je devais tout recommencer. Ca été le coup dur. Un gros coup dans le moral, mais surtout l’ego.
J’étais tellement en colère que j’ai tout laissé tombé, je me suis juré que plus jamais je ne conduirais, que ça ne servait à rien de toute façon et que je n’en n’avais pas besoin. De toute façon je vivais en ville.
J’ai refais une maigre tentative quelques années plus tard c’était en 2009 je crois, j’allais au code en traînant des pieds, et vu que je ne me concentrais ni ne m’intéressais, je faisais plein de fautes. Bref, j’ai laissé tombé. Et suis repartie dans ma vie tranquillement. J’ai emménagé à Toulouse, tram, métro, bus, vélo, étudiante, pas un rond donc, et surtout pas besoin de voiture.
Je disais souvent quand on me demandais que je n’avais pas de voiture ça m’évitais de dire pas le permis…

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Il m’est arrivé plus d’une fois d’être dans des situations ou j’avais vraiment envie de me barrer de la ou j’étais mais vu que j’étais tributaire des autres je me devais de prendre mon mal en patience..
Il y’ a eu les chamaillages avec lui pour les vides greniers ou il en avait marre d’aller, Emmaus, aller chez mes parents à 800 km, emmener César chez des copains, refuser une invitation d’une copine à la campagne car pas de moyen de venir, devoir rentrer avec le dernier metro d’une heure sinon devoir rentrer à pieds, bref il y’ en a eu plein.
Puis, il y’a eu la cabane. La perspective de vivre là. Et là l’angoisse me montait rien qu’à penser que je ne pourrais plus bouger du tout si je ne me mettais pas un coup de pied au fesses. Puis le van qui me faisait du charme ou je me voyais bien au volant.
Le temps que ça murisse dans ma tête mais surtout, mon indépendance (coucou maman, t’avais raison héhé 14 ans après!) en tant que femme, je trouve ça encore plus important.
Sam m’a proposé, alors que je rechignais encore, à m’inscrire sur un site en ligne, Le permis libre (non je ne suis pas sponso).
C’est facile tu payes 30 euros (c’était l’année dernière, ils ont augmenté depuis je crois) pour ton inscription et tu reçois un dossier tout fait, parfaitement ce qu’il me fallait. Tout est prérempli, j’ai juste à coller un timbre et aller jusqu’à la boîte aux lettres.
Le code est en ligne avec les Editions Rousseau, j’y ai accès depuis mon téléphone, tablette ou ordi, parfait pour moi qui suis constamment dessus.
J’ai pas trop travailler le code jusqu’à ce que je voies ma belle soeur bosser dessus (bien plus jeune que moi) avec une vraie volonté, je pense que ça m’a un peu énervé, du coup dans la foulée , j’ai tout envoyé et j’ai révisé comme une dingue, j’observais systématiquement la route, je faisais une dizaine de cessions par jour, je pensais code toute la journée, j’ai reçu ma convoc, j’y suis allée stressée comme pas deux en me disant que c’était que le début. Le truc génial c’est que maintenant on peut le passer à la poste sur des tablettes avec des oreillettes, ben c’est vachement moins stressant, puis pour moi c’était comme à la maison.
Je suis sortie de là dépitée, j’ai trouvé les questions tordues, exprès pour nous induire en erreur.

J’ai eu les résultats le soir, avec un total de 38 sur 40. Moi j’avais fais que 2 fautes ??? Incroyable.

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J’ai ensuite envoyé, fébrile, mon dossier pour la date du permis. J’ai pu réserver mon moniteur en ligne avec nos créneaux horaires communs.
François à Toulouse, ce héro. Celui qui m’a aidé à combattre mes peurs et m’a donné confiance en moi au volant.
Celui qui a travaillé à fond sur mon mental. François qui était dans la bienveillance et la communication non violente, une vraie rencontre. Je lui serai à jamais reconnaissante. Car sans lui je ne serais pas là ou j’en suis aujourd’hui avec mon permis en poche du premier coup.
J’ai pris 11h en tout. Car j’avais déjà passé mon permis il y’a quelques années et que je maîtrisais encore la conduite, le stress en moins.
Parfois il a été plutôt rude avec moi, pour me mettre en condition, il a répété tellement de fois certaines choses pour m’énerver mais pour que j’imprime que maintenant sur la route je sais exactement ce que je fais. J’ai réalisé avec lui qu’ avant, je ne savais pas conduire. Et que je ne comprenais rien à la route.
J’ai appris à prendre les informations au volant et à être présente. Car bien souvent, je rêvassais au volant et c’est là ou je faisais mes erreurs.

La semaine précédent mon permis, j’étais dans un état de tension maximale. Je ne dormais plus très bien. Et j’ai tout fait pour me donner du courage.
J’ai beaucoup utilisé la visualisation dernièrement, je vous en parlerai bientôt car c’est un sujet qui me passionne. Je me suis fait des petits mots un peu partout dans la maison de confiance du style : J’ai confiance, j’ai mon permis. Sur ma lampe lumineuse : calme et confiante, ou encore des post-it partout, tu peux le faire, tu sais faire, tu sais conduire.. Bref, la totale.
J’ai pris des fleurs de Bach pour me détendre, ( bigup à la meilleure naturo de mon monde Delphine, si tu me lis <3),du Rescue le jour de l’examen, et de la camomille sur les poignets.
Le jour de l’examen, je tremblais mais je me répétais que je savais conduire et que je n’allais pas me laisser impressionner par cet inspecteur qui ne faisait que son travail et que si je savais conduire alors je devais lui montrer. Je me suis dit que ce mec à côté de moi n’étais là que pour confirmer que j’étais une excellente conductrice. J’ai fait presque un sans faute. Je me suis garée au top. J’ai juste cafouillé une fois sur mes vitesses, mais il ne m’en a pas voulu. Je suis restée 72h dans le doute à gamberger.
J’AI EU MON PERMIS.
Mes efforts et ma volonté d’y arriver ont été récompensées. Fini d’être la passagère, fini d’attendre que quelqu’un veuille bien m’amener ou me ramener !
Ce témoignage est sans doute long, mais j’y tenais, car c’est une page, (ou dirais je un livre) qui se tourne dans ma vie. C’est un nouveau commencement, l’inconnu. Et c’est tellement valorisant de constater que si on veut vraiment de toutes ses forces et en persévérant alors on arrive à tout faire, j’en suis profondément persuadée. Je sais aujourd’hui que ce que je veux j’obtiens par la force de ma volonté et ma pensée, pourvue qu’elle soit saine et justifiée.
Mais je voulais aussi l’écrire pour tous ces témoignages que j’ai eu sur instagram, de vous toutes qui m’avez dit avoir vécu quelque chose de similaire, accrochez vous, tenez bon vous pouvez le faire, convainquez vous que c’est déjà gagné, je crois en vous autant que je crois en moi.
Merci d’avoir lu cet article et de me lire chaque jour, de tous vos mots encourageants, j’ai beaucoup de chance.
Bambi.
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2 Commentaires

  • répondre
    Amélie
    31 juillet 2017 at 11 h 32 min

    FÉLICITATIONS !!! Tu peux être fière de toi J’ai eu le mien à 28 ans, j’avais les mêmes arguments que toi et puis la déclic a été que je voulais absolument l’avoir avant qu’on se lance dans le projet bébé ! J’ai tellement bien fait, on crapahute où on veut aujourd’hui Pour ma part, j’ai tout eu du 1e coup (malgré plus de 70h de conduite et un changement d’auto-école jusqu’à tomber sur LE moniteur qui a tout changé ), c’est ma grande fierté même si j’ai encore des angoisses (genre me garer gniii rien à faire je suis nulle mais bon c’est pas dangereux ). À toi la liberté

  • répondre
    Arielkatowice
    31 juillet 2017 at 11 h 33 min

    Félicitations !!!!
    Je me souviens encore du moment où je l’ai eu…apres quelques crises de larmes !
    Un vrai bonheur !
    Profite en bien !

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