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Panier

Je profite d’un moment de “sieste” de ma fille pour pouvoir enfin écrire ce billet qui me tient tant à cœur.
Nous avons essayé d’avoir un bébé qui n’est jamais arrivé… J’ai traversé le désert, la solitude, l’injustice, la colère, la rage. Je me suis même coupée volontairement de certaines copines quand j’apprenais les grossesses que je ne pouvais plus encaisser. Je me sentais punie.

Les examens sont tombés. J’ai pleuré, tellement pleuré… pendant 5 ans. C’est long 5 ans quand on attends vraiment.
Je suis allée aux rdv de pma, au départ décidée en me disant que c’était juste un mauvais moment à passer pour atteindre mon but, avoir un 2eme enfant. Mais plus les rdv passaient, moins je trouvait ça cohérent pour moi, les hôpitaux me glacent le sang, le personnel soignant qui va avec, le côté aliénant de la prise en charge, les effets secondaires, les douleurs, et surtout le couple qui risquait de prendre une sacré gifle… On ne pouvait pas vivre ça.

Alors, j’ai décidé, (je mentirais de dire qu’au départ nous étions deux) j’ai décidé pour moi, pour mon corps.
J’ai accepté et pensé à moi d’abord. Même si lui voulait m’accompagner à 100% dans la démarche j’ai trouvé injuste tout ce que je devais endurer pendant qu’il était la pour me “tenir la main”.
Ne vous méprenez pas, dans ce post je ne juge personne, loin de là, d’ailleurs je suis si admirative des couples qui engagent cette démarche, je vous trouve si courageux.
Je ne l’ai pas été. Je ne voulais pas vivre ça, j’ai pensé que je n’avais pas suffisamment envie d’un bébé pour faire vivre ça à mon corps. Peut être que si la garantie que ça fonctionne systématiquement existait je l’aurais fais, peut être qu’au fond de moi j’attendais autre chose.
En tout cas le parcours et les examens nous ont pas mal essoufflés, on a décidé de se laisser une année pour réfléchir à ce qu’on voulait vraiment. Je voulais savoir si nous avions VRAIMENT envie d’un enfant ou si c’était purement sociétal.
Tous nos amis en ont eu presqu’en même temps, tout le monde t’annonce ce bonheur et toi.. rien. Alors est ce que c’était juste pour la frime ? On a regardé notre quotidien qui était vraiment chouette et on s’est demandé si on voulait vraiment le changer.
Un an. C’est le temps de notre réflexion. Un an plus tard, on avait toujours cette envie d’un 2eme peu importe si il était de notre sang ou pas, nous nous sommes bien renseignés au sujet de l’adoption, nous avons fais la première réunion auprès de l’afa  et nous avons eu comme une révélation, c’était donc pour ça que je n’avais pas eu envie d’aller jusqu’au bout, il y’avait une autre façon d’avoir un enfant, quelque chose qui résonnait bien plus en moi.
Soyons honnête, la première réunion est totalement décourageante, voir déprimante. Peu d’enfants à adopter, difficultés, risque de rejets… Mais j’ai tout de même voulu faire la 2ème, puis la 3eme pour voir, à la 4eme, on a pu faire des table rondes de parents adoptifs qui ont pu partager avec nous leur parcours et là ça devenait concret donc forcément encourageant.
Au départ, j’étais super enthousiaste, puis le temps passe et on a tendance à se décourager. C’était en février 2018. En avril j’ai posté ma demande d’agrément, le fameux sésame pour nous donner le droit d’adopter. Entre temps nous sommes partis aux états unis pour penser à autre chose et quand nous sommes rentrés j’avais encore besoin de temps, je voulais être sûre de moi, de mon engagement dans ce parcours. Je n’ai renvoyé le papier qu’en septembre 2018, ensemble on avait très envie de ça, on était sur la même longueur d’onde, et c’était une envie commune on voulait adopter!
Les enquêtes sociales et psychologiques après les obtentions de rdv n’ont démarrées qu’en mars. Nous avons eu 3 rdv avec l’assistante sociale en couple et 1 avec une psychologue, et 2 individuels. C’est drôle parce que j’avais tout un tas d’apriori sur ces démarches, je m’imaginais des assistantes sociales qui allait scruter le moindre détail de nos vies, malveillantes et acariâtres, haha, et j’ai rencontré des femmes géniales et avec qui j’ai pu encore un peu travailler sur mon enfance, mon vécu, me questionner sur ce que je voulais vraiment. Les rdv étaient plutôt longs 1 ou 2h, mais j’ai adoré ça, me remémorer des souvenirs d’enfance, réaliser les liens familiaux etc.. et surtout faire avancer notre projet.
En août 2019, nous nous sommes mariés et avons changé de département, et donc pour l’adoption aussi. Encore une fois, j’avais plein d’appréhension.
Le premier rdv avec la psychologue et l’assistante sociale de notre département s’est super bien passées, je les ai trouvées chaleureuses et sympathiques.
L’été dernier, elle nous a appelé pour un appel à candidature pour une enfant de 2 ans. En gros, on monte un dossier en expliquant comment nous pouvons répondre aux besoin de l’enfant et on envoie, avec des photos, une lettre. Nous avions beaucoup d’espoirs, mais nous n’avons même pas passé la pré-selection, c’était une candidature sur toute la France il devait y’avoir beaucoup de dossier. On s’étaient projetés, Sam a été encore plus déçu que moi, il a fallu accuser le cou et se remettre debout rapidement.
Le temps a passé, le confinement, le quotidien. On n’a pas mis de côté mais on est restés serein, on a continué de vivre pleinement.
Vous savez, au fond de moi j’ai toujours “su”.  Je savais que j’avais un autre enfant quelque part, qu’une rencontre avec mon enfant était prévue mais je ne savais ni ou, ni comment. J’ai alors mis “en veille” cette attente, je ne voulais plus attendre juste vivre et me dire que comme toujours chaque chose est à sa place au bon moment.
Et puis… cet automne, on a eu la visite de l’équipe pour venir voir notre maison. Elle sont venues, toutes souriantes avec une feuille ou il était décrit ce qui allait basculer notre vie…

 

 

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