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Confiné.e.s , voilà bien un mot qui restera gravé dans mon dictionnaire de l’esprit comme…
Déconfiné.e.s et reconfiné.e.s !
Je pourrai y ajouter comme vocabulaire supplémentaire ne concernant que moi, peur, angoisse, apprentissage, joie, tristesse, maussade, inventivité, renouveau, créativité, euphorie, découragement, larmes, crise, colère, rage, écriture, dessin, peinture, cuisine, jardin, boulangerie, masque, normes, attestation de sortie, covid, système D, couple, amis, manque, remise en question, effondrement, système, président, révolution, désobéissance civile, décroissance, autonomie… Voici un panel des mots qui ont rythmés les cinquantaines de jours précédents.
J’aime les mots, je les adore, ils sont beaux, ils sont laids,ils sont ce qu’ils sont. Ce qu’ils font.
Avec eux on peut dire, on peut communiquer, on peut écrire, on peut faire rire ou faire pleurer, on peut chanter, on peut crier, on peut contester, on peut encourager, on peut soutenir, on peut s’engager! Avec les mots on peut s’armer, on peut collaborer, on peut apprendre, on peut protester, on peut cuisiner, faire, inventer, les mots c’est …magique !
Avec eux je vais essayer de vous retranscrire mon impression de ce confinement qui touche à sa fin demain.
Déjà et enfin.
Déjà parce que : en cette période j’ai eu l’impression, enfin, de m’approcher au plus près de moi.
De découvrir ce qui me composait, ce qui me valorisait, ce qui m’apaisait, ce qui me transcendait, ce qui me déplaît, ce dont j’avais besoin. J’ai rencontré le silence, le vrai, le mien, la musique de mon coeur, le calme intérieur, j’avais du TEMPS.
Mais pas n’importe quel TEMPS, du temps pour moi.
Du temps ou personne ne m’atTEMPS.
Du temps ou rien est imporTEMPS.
Du temps pour prendre le temps.
Plus rien ne (me)presse, ni d’avoir d’adresse, oublier le stress, la première fois ou je m’autorise un peu de paresse…
Au départ, je me suis sentie perdue, abandonnée, terrifiée, la peur m’a gagnée, puis, d’un accord avec moi même, ensemble on a décidé de ne plus rien consulter, et puis d’essayer d’être là, dans l’ici et maintenant, d’apprendre à faire sans ou autrement.
S’observer, noter, se renouveler.
J’ai beaucoup appris finalement, énormément.  Tout ça avait donc un sens, comme je le sais depuis longTEMPS, je suis là au bon endroit, au bon moment. Chaque chose en son TEMPS.
J’ai pu observer, et ce le plus sincèrement du monde, sans jugement, que j’avais justement, un problème avec le temps. Il fallait faire vite, maintenant, tout de suite, les départs ou que j’aille m’affole, je peste, râle, angoisse… Mais d’ou cela vient-il?
J’ai pu trouver quelques réponses depuis, je suis plus apaisée.
Se dire qu’on à toute la journée, et que demain sera un autre jour n’a jamais été aussi appliqué! On ne programme pas, on est là et.. plus tard on verra…
Que c’est bon tout ce temps! Puis on se rapproche du déconfinement, et je vois que je commence à recompter le temps, je finis par le trouver long, parce que au bout de tout ce temps il y’a le :
ENFIN !  Tout ce que j’ai envie de retrouver que je ne retrouverai pas de la même manière, j’en suis pleinement consciente, mais que voulez vous je suis une rêveuse, je ne cesserai jamais de l’être!
Alors j’aime penser à/aux : amis qui manquent, les câlins ou on se sert fort, encore, ou les mots caracolent dans les oreilles et le coeur s’emballe à la vue d’un visage connu, d’une odeur de cheveux, d’une veste, entendre un rire, voir un sourire, croiser un regard, toucher chaque être aimé de son entourage, les échanges avec le monde, me promener, insouciance, voyager, respirer à plein poumons, aller dans ma librairie préférée, flâner, boire un verre en terrasse, manger au restaurant, aller au cinéma et ressortir  chamboulé.e.s, se jeter dans un concert, boire une bière, s’émerveiller dans un musée, regarder, comprendre, le marché du dimanche matin, la musique en fond du joueur de banjo de saint aubin, les légumes colorés du début d’été, la foule, le monde…. , les trains, l’aéroport, les autres continents, les rêves, les projets…
Tout ça n’aura plus la même saveur pour un TEMPS; jusqu’à quand?  Chaque chose en son TEMPS.
Car je sais au fond de moi, qu’ il nous a été offert en cadeau, pour réfléchir, remettre en question, agir, s’unir et ne plus se laisser guider par l’ego. Nous avons tous eu du TEMPS, plus ou moins de qualité, plus ou moins affolé, ou terriblement désagréable ou douloureux pour se dire qu’il est TEMPS de changer. Les choses n’arrivent pas par hasard, n’agissons pas sans savoir.

Nous sommes chanceux, notre lieu (qui lui aussi nous a bien choisi) nous a offert toute la liberté dont nous avions besoin, César s’est épanoui comme une fleur. Je l’ai découvert encore d’une autre façon, admirative, c’est fou la capacité d’adaptation d’un enfant.
La relativité, et les possibilités qui s’offrent à eux, bienheureux. Il joue, quoi qu’il arrive. Il rit, il pleure, tout est instantané et passe aussi vite qu’un simple orage d’été. La nature est un terrain de jeu sans limites, les adultes qui l’entourent, et l’aiment, lui transmettent de savoirs pour plus tard, il apprends encore et toujours… Et moi aussi , de lui. Je l’observe beaucoup ,nous réapprenons à vivre ensemble encore, autrement, en période de confinement, ou il faut faire avec les émotions de chacun, communiquer, ne pas se laisser emporter, expliquer, et surtout relativiser pour trouver des solutions ensemble. C’est une période nouvelle pour tous. On voit apparaître nos envies, nos réticences, ça grince, crie, pleure, ri, se réjoui et on avance.
Je le savais déjà, mais je suis toujours aussi enthousiaste de voir combien l’être humain est plein de ressources et surtout en manière de communiquer. Les réseaux ont été pour moi d’un grand soutien, moral, d’échange et de partage, moi et avec César, j’ai lu des histoires pour les enfants, pour nous les grands, j’ai tisser des liens, c’était beau, joli et simple à la fois , on a dessiné sur nos doigts, de jolies petites oies. On a retrouvé nos bouts de ficelles et rubans, de la colle et fabriqué des masques digne de nôtre forêt, pour crier notre liberté!

Je suis retournée à mon projet, mon bus JOY; que j’avais un peu boudé ces derniers mois, faute de temps, encore lui! Le parquet et les murs sont terminés, il lui reste son aménagement maintenant, et moi je suis si heureuse de lui avoir rendu cette énergie qui lui va si bien, il est beau, majestueux, grandiose, magique, ce bus à une âme j’en suis sure, il dégage tellement de choses… douces. Il se laisse photographié sous toutes les coutures, aucun mauvais profil, là il pose fier derrière les fleurs de cerisiers, il se sent beau et revigoré, il est prêt il n’attends que moi pour faire de sa vie… une joie ! Le jour du confinement, nous avons perdu Pipo, un de nos 4 chihuahuas. Nous l’avions adopté en janvier et c’est le cœur brisé que nous avons démarré cette période difficile, il a fais une hémorragie interne, à midi.. Le temps de trouver un vétérinaire qui nous reçoive, il n’a pas survécu. Ça été une grande épreuve pour tous. c’était encore une question de TEMPS. Et puis symbolique, nous avons enterré un être aimé le jour du confinement, nous avons pleuré ensemble et appris qu’il fallait laisser partir aussi ceux qu’on aime, et que nous ne pouvions rien faire contre cela, qu’il fallait l’accepter et apprendre à vivre le mieux possible avec ça… La vie est aussi faite de moments douloureux . Alors nous avons fait beaucoup de photos de ces 3 merveilles prises sur le vif en train de tirer la langue, on leur a fais des couronnes de fleurs, poser comme des stars et donné plein d’amour.
Et puis la vie a repris son cours, puis que la vie est toujours la plus forte. Le beau temps était là, la chaleur caressait nos bras tous justes découverts, les têtards ont beaucoup servis de sujets d’observation et d interminables opérations de bocaux et récipients transparents, César tel un poisson dans une rivière, grandit et se nourri de choses simples, choses dont il s’était désintéressé depuis quelques temps, il s’est remis à lire, lire et encore lire à mon plus grand bonheur… Et vouloir apprendre de nouvelles choses, cuisiner en autonomie, César a lui aussi beaucoup appris
Et moi j’ai appris aussi à m’émerveiller d’un petit rien, comme les fleurs qui bourgeonnent, une promenade après la pluie, un arc en ciel qui surplombe le lac, une fourmi qui déplace une miette de pain, cuisiner le pain au feu de bois, et travailler le bois à la main, faire avec rien, et surtout faire avec moins, j’ai découvert les joies du reprisage qui me passionnent et m’offre toute cette créativité sans limité qu’est le motif, mais aussi le recyclage qui est une manière incroyable de faire des choses fantastiques avec ce qui existe déjà.
J’ai compris que dans un couple, l’espace commun n’était pas suffisant, mais qu’il fallait chacun aie le sien, mais aussi avec l’enfant, que j’avais le droit d’avoir du TEMPS, et que non, le temps ce n’est pas de l’argent.  J’ai constaté que j’avais de la valeur, que je travaillais avec mon cœur,que ce que je faisais avais un sens, pour moi et pour les autres, j’ai vécu qu’on pouvait être soutenue par des gens inconnus, mais finalement pas tant que ça, et ce même si on ne vous voit pas, parce que au fond on sait qu’on donne tout ce qu’on a au fond de soi. .
J’ai appris à dire MERCI. Pour tout ce que je vis, ceux avec qui je parle, échange, ris, chante, pleure, crie, conteste, râle, parce que au final encore une fois … j’apprends!
MERCI

Si vous souhaitez me soutenir vous pouvez me le dire ici 

Je vous envoie tout mon amour et ma gratitude.
Bambi

 

 

 

Join the discussion 3 Comments

  • LaSemeuseDeLivres dit :

    Très joli texte qui fait bien comprendre et ressentir tes sentiments durant ce confinement. Ne manquerai t’il tout de même pas Emmaüs dans ta liste ?!

  • Et les mots il faut dire que tu les choisis particulièrement bien!
    C’est riche de lire divers ressentis face à ce confinement. Ici on n’a pas du tout partager cette notion d’avoir le Temps. Alors oui bien sûr on ne court pas, il n’y a pas la pression des horaires de l’école etc. Mais les enfants nous laissent peu de répit donc on n’a pas le sentiment d’avoir du Temps pour nous.
    Je partage entièrement ton angoisse des départs et je ne sais pas non plus d’où ça vient! Je me déteste dans ces moments je gueule à tout va je stress tout le monde parfois juste pour aller au marché quoi merde!

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